Ce que vous ne verrez peut-être jamais

de | 3 juin 2017

Un trompe-l'oeil cache la réalité comme la pudeur cache la timidité inconscienteUn trompe-l’œil donne l’illusion d’une réalité qui n’existe pas. Et surtout il en cache une autre. C’est ce dernier point qui nous intéresse ici. Parce qu’il en est souvent de même avec l’anxiété sociale en général, et avec la timidité inconsciente en particulier.

En effet il est parfois bien difficile de l’identifier, y compris par la personne elle-même. Ainsi elle est souvent cachée sous des apparences plus acceptables.

Nous verrons plus loin que des mécanismes plus invisibles encore sont en place. Pour l’instant voyons une situation courante, qui paraît anodine …

A l’aise avec les proches mais …

Certaines timides pensent qu’ils sont à l’aise pour communiquer avec les autres. C’est pourquoi ils ne se considèrent donc pas comme timide. La réalité est plus nuancée.

En effet ils peuvent être à l’aise pour dialoguer avec leur entourage. Avec leur famille, leurs amis et les quelques personnes qu’ils voient régulièrement à l’école, à la fac ou au bureau, tout va bien.

En revanche dès qu’ils sont en présence d’un inconnu, échanger devient très difficile pour eux. Et comme ils évitent de parler à des inconnus et restent le plus souvent dans les mêmes cercles, ils ont l’impression d’être à l’aise avec tout le monde. En résumé pour eux, la timidité c’est pas leur problème.

En fait ils sont toujours très mal à l’aise avec des personnes inconnues. C’est donc bien d’anxiété sociale dont il s’agit. Et probablement de timidité inconsciente.

La pudeur, la réserve ou l’inhibition justifiée : c’est normal. Nous allons voir maintenant ce qui se cache souvent derrière.

Juste un trait de personnalité …

Être pudique c’est courant. Ne pas dire ou faire quelque chose qui peut blesser la modestie c’est normal. En revanche ne jamais parler de ce qu’on fait ou de ce qu’on pense cache probablement une forme d’anxiété sociale, là aussi.

La plupart des gens sont réservés. Se comporter avec discrétion et avec prudence c’est courant. Sauf quand la réserve pousse quelqu’un à parler rarement, voire pas du tout, dans certains contextes sociaux. Il s’agit là encore probablement de timidité, selon la définition.

Appréhender de parler devant cent personnes c’est naturel quand on a pas l’habitude. En revanche être mal à l’aise de prendre la parole en réunion devant quelques personnes c’est autre chose. L’inhibition dans un contexte assez courant, c’est aussi de l’anxiété sociale.

On attribue souvent à un trait de personnalité des comportements de pudeur, de réserve ou d’inhibition. En réalité il s’agit, plus souvent qu’on le croit, d’anxiété sociale déguisée, probablement de timidité inconsciente.

Certaines personnes sont à l’aise pour dialoguer avec tout le monde, y compris des inconnus. Pour elles non plus la timidité n’est pas un sujet. Pourtant sur un thème précis elles connaissent un énorme blocage, profond et difficile à identifier. Voyons tout de suite en quoi.

La timidité de révélation de soi

Nous avons vu dans un autre article que la timidité de révélation de soi passe totalement inaperçue. Non seulement aux yeux des autres, mais aussi du timide lui-même.

En effet les timides concernés sont à l’aise en conversation avec leur proches et aussi avec des inconnus. Aucune timidité là dedans.

Et pourtant dès qu’il s’agit de parler d’eux, de leur vie personnelle, ils se bloquent complètement. Même sans aborder des sujets choquant la pudeur, il leur est impossible de parler d’eux.
Et même parfois pour savoir ce qu’ils pensent de tel sujet qui ne les concernent pourtant pas, c’est la croix et la bannière. Révéler ce qu’ils pensent, c’est aussi parler d’eux.

Pourtant ces personnes sont très à l’aise en toute circonstance sociale. En tous cas elles donnent cette impression. Ainsi cette forme de timidité inconsciente, la timidité de révélation de soi, n’est jamais identifiée comme telle.

Parmi les stratégies mises en place pour éviter le jugement des autres, le paragraphe suivant montre que les stratégies inconscientes sont les plus courantes.

Les évitements inconscients

Une tendance de l’anxiété sociale est d’éviter les contextes que l’on évalue risqués. Et on ne se rend même pas compte qu’on les évite, c’est automatique. En effet ces évitements sont souvent inconscients. Ils traduisent aussi la peur du jugement des autres.

Le timide fera quand même l’effort d’affronter certaines interactions sociales, même s’il sait que le risque d’être mal à l’aise est élevé. Et il est possible de se débarrasser de la timidité avec une méthode efficace.

En revanche pour d’autres anxieux sociaux, les évitements sont plus systématiques et plus nombreux.
Par exemple c’est le cas des personnalités évitantes, qui attribuent aux autres la responsabilité de leur difficulté relationnelle.
Ou encore les phobiques sociaux, qui pratiquent aussi les évitements systématiques. Ils attribuent leur anxiété sociale à leur personnalité propre. Certaines études montrent que 10% de la population serait concernée par la phobie sociale.
Et ces troubles nécessitent plus d’efforts pour s’en débarrasser que la timidité. Mais une enfance handicapante est rarement une infirmité définitive. Il est toujours possible de reprendre en main son destin, même à un âge avancé.

Alors comment savoir : timidité inconsciente ou pas ?

En résumé beaucoup de timides s’ignorent. Souvent toute leur vie. Et leur entourage n’y voit pas plus clair. Car il est souvent difficile d’identifier l’anxiété sociale.

Et vous ? Êtes-vous pudique, réservé, inhibé ? Introverti, timide ou asocial ?  Faites ce test de timidité pour voir.

 

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