Ce n’est pas parce qu’on arrive à masquer sa timidité qu’elle n’existe pas !

de | 21 février 2017

Masquer sa timiditéCe n’est pas parce qu’on réussit tout le temps à masquer sa timidité qu’elle n’existe pas !
Il est question ici d’éviter un certain nombre de situations sociales, vécues ou anticipées comme pénibles par le timide, en trouvant des « bonnes » raisons. Quand on ne peut pas les éviter, on évite de se faire remarquer.

On a conscience de l’existence d’une difficulté sociale dans certains contextes mais on arrive toujours à la masquer par autre chose, à s’y dérober ou « au pire » se fondre dans le décor sous un prétexte ou un autre.

On va voir 5 manifestations de timidité masquée, en commençant par une forme très connue et en terminant par la plus spectaculaire.

Un grand classique : la peur de déranger

Des exemples de réflexions ou d’automatismes courants chez le timide d’action :

  • C’est pas le moment de poser une question à son voisin de classe parce qu’il en train d’écrire
  • Il ne faut surtout pas déranger un collègue de travail parce qu’il doit être occupé sur son projet
  • Pas question de demander quelque chose à son père quand il lit le journal
  • Ne pas déranger sa conjointe pour lui demander son avis quand elle est en train de faire la cuisine.

Le timide d’action va souvent trouver des raisons pour ne pas engager la conversation, y compris avec un proche. Et quand il n’en trouve pas il cherchera des prétextes. Cette peur a déjà été traitée ici dans cet article : les 5 formes de la timidité.

Masquer sa timidité d’action comme ça, c’est courant. Cette peur est très proche de la suivante, car elle a la même origine.

Masquer sa timidité : la peur de contredire

Éviter de contredire pour éviter de chagriner l’autre, car c’est risquer un conflit, c’est désagréable et ça fait peur. Là aussi les exemples sont nombreux :

  • Ne pas corriger le professeur en classe, même en tête à tête, car c’est embarrassant
  • pas question de contredire son supérieur au travail surtout s’il est très susceptible
  • ne pas reprendre son conjoint sur un propos inexact pour éviter une scène de ménage
  • éviter d’infirmer la déclaration d’un proche en réunion de famille car c’est risquer un conflit
  • etc

On trouve là aussi facilement des « raisons » pour masquer sa timidité. La peur du conflit, comme la peur de déranger, reflète la peur d’être peu estimé. Cette cause première se retrouve dans la forme suivante.

L’anxiété de performance

L’anxiété de performance exprime la crainte du jugement négatif d’autrui dans un contexte où on va être évalué avec un enjeu assez fort. Cette anxiété existe chez tout le monde en raison de l’enjeu.
Mais chez l’anxieux social elle encore plus pénible à anticiper, difficile à vivre, et l’échec éventuel plus douloureux.

Voici quelques situations où cette anxiété de performance donne la pleine mesure de sa puissance :

  • présenter un exposé à l’école face à la classe,
  • passer l’examen du permis de conduite,
  • se présenter à un entretien d’embauche,
  • prendre le départ d’une compétition sportive

L’anxiété de performance s’appelle aussi timidité de performance. Elle repose aussi sur la peur d’être méprisé. J’ai déjà abordé ce sujet en détail dans cet article : l’anxiété de performance.

Pour le timide de performance, il va falloir inventer des stratagèmes pour éviter d’être confronté à ces situations sociales qu’il estime dangereuse pour lui, ou pour éviter de se faire remarquer. Tout prétexte est bon à prendre pour masquer sa timidité de performance.

Dans la suite on passe à une autre forme de peur du jugement des autres, plus directe.

La peur du regard des autres et des silences

Être regardé n’est anodin pour personne. Toutes les situations redoutées par l’anxieux social ont en commun de l’exposer au regard des autres. Pour les timides le regard déclenche davantage d’inquiétude et d’inconfort que chez la personne non anxieuse sociale. Pour eux le seuil de tolérance à supporter un regard trop fixe ou trop investigateur est beaucoup plus bas. Le silence peut être perçu comme renforçant la menace potentielle du regard.

Ainsi les situations anodines où on est soumis au regard des autres pendant un court moment est source de mal être.

  • Par exemple croiser un voisin dans l’ascenseur peut être inquiétant et inconfortable. Il vaudra mieux prendre les escaliers s’il y a « du monde » dans l’ascenseur.
  • Ou attendre son tour à la machine à café à coté d’un collègue au bureau peut créer un malaise. On prendra un café plus tard quand il n’y aura pas d’ « attente ».

Avec l’entrainement on trouve tout de suite un prétexte pour masquer sa timidité. La timidité suivante ressemble à celle-ci en étant vécue moins souvent.

La timidité de visibilité face à un groupe

Là il s’agit de passer devant un groupe de personnes. La peur du regard des autres s’intensifie dans la mesure où ils sont plus nombreux, les attaques ont plus de risque d’apparaître et peuvent venir de plusieurs personnes en même temps.

  • Ainsi s’asseoir au premier rang dans une salle de cinéma impose de marcher quelques mètres en se montrant devant la salle remplie et ça, c’est angoissant ! C’est bien pourquoi il faut absolument arriver au plus tôt et s’asseoir dans les premiers, pour mieux choisir sa place, bien sûr …
  • Ou encore entrer dans une salle de classe en retard, à coté du professeur, et se faire dévisager par lui et tous ses camarades de classe, c’est une source d’anxiété. Il faut donc éviter à tout prix d’arriver en retard, parce que c’est mal. Le retard étant ici la seule difficulté, bien entendu …

Là encore on se cache derrière la rationalisation pour masquer sa timidité.

 

Masquer sa timidité n’aide pas à la surmonter. Se mentir à soi-même n’a jamais rien résolu. Bien au contraire, les difficultés sociales risquent de s’aggraver avec le temps.

 

Vous aussi vous vous reconnaissez dans ces masques ? Ou alors vous en avez d’autres qui s’en rapprochent ?
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