Quel est le poids de la famille dans l’anxiété sociale des enfants ?

de | 16 juin 2017

Singes petit et adulteQuel est le poids de la famille dans l’anxiété sociale de l’enfant ? Ou au contraire quel est le rôle de la famille dans l’aisance sociale de l’enfant ? Ici il est surtout question du rôle des parents dans le développement social de l’enfant. Nous allons voir plusieurs facteurs familiaux qui ont un impact sociable ou asocial sur l’enfant.

Pour l’instant on commence par le mimétisme des enfants vis-à-vis de leurs parents.

Les enfants singent leurs parents

Les parents sont des modèles comportementaux pour leurs enfants. D’abord les enfants vont enregistrer les comportements de leurs parents vis à vis de tout le monde. La famille, les amis, les voisins.

Ensuite ils vont reproduire ces comportements avec tous les autres. Leurs proches, leurs camarades de classe, leurs amis.

Les parents sociables

Donc si leurs parents communiquent souvent avec leur famille, les enfants vont en faire de même avec leur famille, plus facilement avec les membres du même âge. Si leur père invite régulièrement des amis à la maison, ils vont ressentir naturellement le besoin de se faire des amis et d’entretenir des relations avec eux. Si leur mère parle facilement avec les voisins, les enfants vont avoir tendance à entrer en contact avec beaucoup de leurs camarades de classe. C’est une excellente façon de guider son enfant vers l’aisance sociale.

Ainsi cet environnement parental sociable va être très favorable aux enfants pour leur permettre de développer très tôt une aisance sociale. Même si ce facteur est un élément parmi d’autres du poids de la famille dans l’aisance sociale des enfants.

Les parents asociaux

A contrario des parents ne communiquent pas souvent avec leur famille, pour des raisons qui leur appartiennent. De même ils reçoivent rarement ou jamais leurs amis à la maison. Voire ils n’ont pas d’ami. Ou encore ils ne parlent jamais à leur voisins quand ils les croisent dans l’ascenseur.

Alors les enfants vont reproduire le même comportement avec la famille, leurs camarades de classe et les autres enfants qu’ils peuvent croiser. Ainsi en situation sociale ils seront réservés et engageront rarement la conversation. De même ils auront beaucoup de mal à aller vers les autres. Et ils ne penseront pas à entretenir des contacts. Encore moins à se créer des occasions de rencontre.

Ainsi ce type d’environnement familial est très défavorable aux enfants dans leurs relations. En effet ces derniers vont avoir de grandes difficultés à nouer des relations avec les autres. Et ils risquent de souffrir longtemps d’anxiété sociale.

Nous venons de voir que le comportement parental illustre l’impact de la famille dans l’anxiété sociale des enfants. Mais il existe d’autres éléments familiaux, comme la transmission orale, que vous allez voir tout de suite.

Les valeurs et la vision du monde transmises par la famille

Les parents et les autres membres de la famille peuvent transmettre des idées comme « il faut éviter de déranger les autres » et « il ne faut pas dépendre de ses voisins ». Ou bien « il n’y a que la réussite scolaire qui compte » ou encore « les copains et copines ça sert à rien ». Voire « l’homme est un loup pour l’homme ».

Et les enfants vont enregistrer ces idées plus ou moins asociales, et s’en servir pour construire leur comportement relationnel.  A partir de là il est clair qu’une anxiété sociale prononcée fera parti a priori de leur destin. D’autant plus que leurs parents ont probablement un comportement asocial, en cohérence avec ces idées.

A l’inverse des familles considèrent que « on ne peut pas vivre sans les autres ». Et « se faire des amis et entretenir le contact régulièrement, ça compte ». Ou bien « parler de ses projets et se révéler c’est utile » ou encore « savoir écouter c’est important ».

De la même façon, les enfants vont construire leur modèle relationnel à partir de ces idées sociables. A partir de là il est probable que l’aisance sociale fera a priori parti de leur capacités. Et ils ont ainsi plus de chance d’avoir une qualité de vie meilleure que les autres.

Voyons maintenant en quoi la capacité à communiquer des parents fait aussi partie du rôle de la famille dans l’anxiété sociale des enfants.

La qualité de la communication des parents

Des parents parlent peu entre eux, seulement quand ils ne peuvent pas faire autrement. A table au dîner ils allument la télé pour que tout le monde ferme sa gueule. Et comme ils voient peu leur famille, ils ont rarement l’occasion de dialoguer avec eux. Et quand ils les voient, c’est la discrétion maximale. Ils ne reçoivent jamais personne et ne parlent pas aux voisins. Donc leur pratique de l’expression orale est réduite au strict minimum. Leur maxime favorite : « le silence est d’or ».

Dans cet environnent familial de sourds-muets, l’enfant va développer un goût prononcé pour le mutisme. Et se trouver en incapacité totale de pouvoir entrer en relation avec quiconque. A l’école il la ferme et reste souvent dans son coin. Il se mêle rarement aux autres enfants. Même demander son chemin dans la rue pourrait représenter pour lui une difficulté inouïe.

D’un autre coté des parents parlent régulièrement entre eux, et devant leur enfant. Aux repas la télé reste toujours éteinte. Ainsi à table tout le monde peut s’exprimer à tour de rôle et écouter les autres. Et ils ont l’habitude de voir la famille et communiquent avec eux facilement. De même ils reçoivent régulièrement leurs amis et dialoguent beaucoup avec eux. Et leur enfant est de temps en temps intégré dans les conversations pour qu’il puisse parler et écouter à son tour.

Alors là évidemment, le gamin développe régulièrement une aptitude à écouter et parler depuis toujours. Et avec beaucoup de monde, dans des situations sociales diverses. Il est bien évident qu’il a ou aura une aisance sociale bien marquée.

Par ailleurs vous allez voir tout de suite que le style éducatif des parents a une part de responsabilité de la famille dans l’anxiété sociale des enfants.

Le rapport des parents avec leurs enfants

Dans la famille asociale

Des parents parlent peu à leur enfant. Et quand il parle, on ne l’écoute pas. Quand il pose une question, on ne lui répond pas. Et il est même souvent invité à la fermer. En effet il n’est pas question qu’il leur raconte sa vie à l’école ou ailleurs. Encore moins qu’il se plaigne. Quant à ses émotions il peut se les garder. Et ses préférences, on s’en fout ! Les parents ont bien d’autres choses à faire que d’écouter leur rejeton bavasser ou geindre.

Voilà un tableau bien noir de la communication des parents avec leur enfant. Ainsi il est éduqué à se taire, à ne pas répondre aux questions qui ne lui sont jamais posées. Aussi à ne pas exprimer ses choix, ni ses préférences, encore moins ses souffrances. Dans ces conditions le gamin va forcément éprouver de grandes difficultés relationnelles au cours de toute sa vie. Merci qui ?

Dans la famille sociable

Par ailleurs des parents accordent un peu de leur temps à leur enfant, régulièrement. Ils lui demandent comment ça se passe à l’école. Ce qui l’intéresse le plus et pourquoi. S’il se fait des amis. De quoi il parle avec eux. Et ses préférences sont prises en compte dans la mesure du possible. De même que ses gênes et souffrances. La qualité d’écoute et de parole de ses parents est bien présente.

Juste au dessus on a vu l’effet de la famille dans l’anxiété sociale de l’enfant. Cette fois-ci c’est un environnement familial sociable pour le gosse. Non seulement il a un espace régulier de dialogue. Mais en plus la qualité de communication de ses parents va lui servir de modèle pour améliorer ses relations avec eux et avec les autres.

Et probablement ses parents vont lui proposer des expériences de socialisation à l’extérieur de la famille aussi. C’est le sujet du paragraphe suivant.

Les expériences précoces de socialisation … ou pas

Dans la famille des sourds-muets on ne cherche pas à faire des activités qui amènent des nouvelles relations sociales. De même ils ne sortent jamais de leur maison le soir. Aussi quand les parents asociaux sortent le week-end, moins ils parlent, mieux c’est. Et ils partent en vacances sans chercher à entrer en contact avec quiconque. En effet ils adoptent un comportement qui tient les autres à distance. Dans la famille « ferme-la » je voudrais le père : il adore aller à la pêche. Vous comprenez pourquoi …

De façon cohérente, ces parents asociaux ne vont pas offrir à leur enfant de faire des activités de son coté. Pourtant faire du sport et de l’art serait l’occasion pour le gamin de faire des nouvelles rencontres. Il n’en est pas question bien sûr ! Donc le môme va développer très tôt une anxiété sociale. C’est une responsabilité indirecte de la famille dans l’anxiété sociale du gosse.

Et ses moindres tentatives d’en sortir seront probablement si peu naturelles, qu’elles seront reçues par une fin de non recevoir plus ou moins délicate. Ce qui aura pour conséquence de le décourager de continuer des efforts. Et renforcera encore son anxiété sociale.

En revanche dans la famille sociable il y a belle lurette que l’enfant est poussé à sortir du cercle familial pour voir si j’y suis. Il profitait déjà d’une communication de qualité avec ses parents. En plus il va pouvoir continuer à socialiser à l’extérieur dans des activités extra-scolaires sportives, culturelles ou sociales. Inutile de dire que l’aisance sociale fera partie de ses habitudes en toute circonstance.

Mais parfois le mimétisme des enfants n’apparaît pas et c’est même l’inverse. Voyez la suite.

Des exceptions existent

A coté de ces deux familles-types, les sociables et les asociaux, il existe aussi des exceptions. Exceptions dans lesquelles les enfants vont développer un comportement social très différent de celui de leurs parents, voire inverse.

En effet on peut avoir par exemple des parents très communicants en famille avec un enfant pourtant très timide. En effet avec un père ultra narcissique, l’enfant n’a pas le droit à la parole, pas plus que les autres d’ailleurs. Il n’y a que lui qui existe, donc il n’y a que lui qui a le droit de parler. Logique … Il est question de timidité, voire d’anxiété sociale plus sévère encore.
Et le mimétisme de l’enfant n’est pas visible ici. Il s’agit d’un effet détourné de la famille dans l’anxiété sociale du gamin.

A l’inverse il est possible aussi qu’un enfant, élevé par des parents asociaux, se délivre de son anxiété sociale familiale. Par exemple un enfant élevé la plupart du temps à l’extérieur de sa famille. Dans un milieu qui va justement l’inciter à socialiser régulièrement. Et ainsi prendre une distance relative avec son milieu défavorable aux relations, voire toxique.
Mais jusqu’à quel point c’est possible ? Et dans quelles conditions ? A quel prix pour l’enfant ?

Possible de limiter l’impact de la famille dans l’anxiété sociale ou pas ?

Il est établi que la famille en général, et les parents en particulier, a un poids important dans l’anxiété sociale des enfants. Ou au contraire dans l’aisance sociale des enfants. En revanche parmi toutes les causes de l’anxiété sociale, l’impact précis de la famille dans l’anxiété sociale des enfants est incertain. En effet aucune étude n’a pu le mesurer précisément.

Je vais finir cet article sur une note optimiste. Grandir dans une famille défavorable aux relations, voire toxique, c’est un handicap social pour l’enfant. Mais c’est rarement une infirmité définitive. En effet il est toujours possible à l’adolescence ou à l’âge adulte de changer son destin.

 

Et vous ? Dans quelle famille avez-vous grandi ? Une famille sociable ou asociale ? Répondez ci-dessous.

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